BATD, une structure exceptionnelle de formation et de promotion du tennis en Belgique - BATD, een uitzonderlijke structuur voor opleiding in en promotie van het tennis in België.

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Editorial

Les marchands et le temple

   Milan a servi de théâtre à un tournoi que beaucoup d’amateurs de tennis tiennent pour une regrettable pantalonnade : en reprenant le concept du Masters, l’ATP a organisé une épreuve baptisée « Next gen », remporté par le Coréen Hyeon Chung qui a battu en finale le Russe Antreï Rublev sur la marque surréaliste de 3/4 4/3 4/2 4/2. L’épreuve regroupait les meilleurs espoirs (de moins de 21 ans) du circuit professionnel – à l’exception d’Alexandre Zverev, qui joue cette semaine dans la cour des grands, à Londres. L’idée, en soi, ne souffre pas vraiment la critique : il est toujours intéressant de voir de futurs champions à l’œuvre, même si rien ne dit que ces jeunes gens parviendront un jour à occuper les toutes premières places dans la hiérarchie mondiale. En revanche, sa mise en œuvre ne suscite guère la sympathie.

   En réalité, la Fédération internationale a voulu profiter de cette compétition superflue pour expérimenter de nouvelles règles du jeu. Les avantages ont été supprimés pour n’en faire jouer qu’un seul à « deuce » ; un tie-break a été disputé à 3/3, au lieu de 6/6 ; une balle let au service doit être jouée pour peu qu’elle tombe dans les limites ad hoc ; et, pour que les matchs se terminent plus rapidement –il faut bien plaire aux télévisions ! –, un appareillage nouveau (« shot clock ») a été installé pour faire respecter la règle des 25 secondes entre deux points. Voilà pour les principaux éléments de réforme qui doivent être présentés dans les jours qui viennent aux organisateurs des tournois du grand chelem.

   On peut craindre que ces élucubrations retiennent progressivement l’attention des « huiles » du tennis mondial, d’autant plus que « ces gens-là », comme disait Brel, ont rarement brillé sur les terrains et sont pour la plupart des businessmen ! Il s’agit de marchands, entrés dans le temple, qui se concentrent prioritairement sur les affaires et se servent du sport dont ils ont la responsabilité pour l’inonder de dollars et en tirer sans doute le meilleur parti en passant. Sans être dans le secret des dieux, on a le sentiment qu’il n’y a plus vraiment que Wimbledon pour garder l’église au milieu du village et pour ne pas attenter au caractère sacré du tennis qui exigent que les compétitions les plus importantes (y compris le double) se jouent au meilleur des cinq sets, selon des règles qui ont faire leurs preuves depuis plus de cent ans. 

Michel Nestor, le 13 novembre 2017

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