BATD, une structure exceptionnelle de formation et de promotion du tennis en Belgique - BATD, een uitzonderlijke structuur voor opleiding in en promotie van het tennis in BelgiŽ.

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Editorial

Barrages

   L’effet Van Herck, tout auréolé de la victoire improbable de son équipe réserve de coupe Davis au Brésil, n’a pas eu lieu en Fed Cup. La formation belge, placée sous ses ordres après le lamentable limogeage de Dominique Monami, s’est fait laminer à Liège par sa consœur française ; elle n’a pas pu tenir son rang, a regretté Justine Henin. Certes, l’héritage de cette championne d’exception, joint à celui de Kim Clijsters est lourd à porter ; et l’on se montre peut-être quelque peu injuste en voulant comparer ce qui n’est pas comparable. Malgré toute l’estime que méritent nos représentantes actuelles, elles ne sont pas taillées sur mesure pour signer des performances aussi exceptionnelles que celles accumulées par leurs prestigieuses aînées.

   On conviendra cependant que la roue de la fortune n’a pas bien tourné sur les rives de la Meuse. Alison Van Uytvanck réalisa un excellent match d’ouverture. La qualité de son service suffit à mettre longtemps Caroline Garcia dans ses petits souliers ; mais, dans les moments cruciaux, elle céda chaque fois le terrain – au tie-break du premier set et à l’entame de la manche décisive. Ses lacunes en coup droit et la médiocrité relative de son jeu de jambes entraînèrent sa perte. Mais pouvait-on raisonnablement s’attendre à la voir se tirer d’embarras dans pareil duel ? En revanche, Elise Mertens fut décevante, tant elle parut manquer de confiance en ses moyens, alors qu’elle se ménagea pourtant plus d’une occasion de rétablir l’égalité au soir de la première journée. En délicatesse sur sa première balle, chaque fois qu’elle en aurait eu besoin pour se tirer d’un mauvais pas, accumulant les doubles-fautes sur les points les plus importants, elle afficha une trop grande vulnérabilité (elle aussi…) en coup droit. Très souvent débordée dans cette diagonale, elles se fit surprendre par nombre d’amorties opportunément distillées par Alizée Cornet ou, le deuxième jour, par la puissance de Caroline Garcia. Bref, la numéro un belge n’afficha guère l’autorité que l’on pouvait attendre d’une joueuse qui se trouvait encore récemment aux portes du top 10.

   Il n’en demeure pas moins étrange qu’Elise Mertens trahisse de manière aussi évidente les doutes qui l’habitent, même s’il faut comprendre les difficultés de cette jeune femme qui, en l’espace de quelques semaines, a changé de raquette et de coach avant de perdre l’essentiel des points engrangés lors de sa fameuse demi-finale à Melbourne en janvier 2018. La question qui se pose à présent peut se résumer ainsi : fera-t-elle mieux que Yanina Wickmayer et Kirsten Flipkens qui atteignirent aussi les demi-finales d’un grand chelem, l’une à l’US Open et l’autre à Wimbledon ? Johan Van Herck n’aura pas le temps d’attendre une réponse puisque, dans la dernière décade d’avril, une match de barrage pour demeurer dans le groupe mondial est mis à son agenda…

Michel Nestor, le 11 février 2019

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