BATD, une structure exceptionnelle de formation et de promotion du tennis en Belgique - BATD, een uitzonderlijke structuur voor opleiding in en promotie van het tennis in België.

ITF PRO CIRCUIT 15.000 $

T.C. Odrimont Lasne 10.07 - 16.07.2017

R. Primerose C.B. 31.07 - 06.08.2017


1st Edition BATD Odrimont and BATD Primerose
ITF Pro Circuit Tennis 15.000 $

Special Guest : Alexis Popyrin, Winner Roland Garros Junior 2017 & World #2 ITF

Organizers : TC Odrimont & R. Primerose CB & BATD
Sports director : Alfonso Gonzalez

 

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TC Odrimont

   

 


R Primerose CB

   

 

Pictures

 

Pictures of the tournament in TC Odrimont

Pictures of the tournament in R. Primerose CB

 

Press conference

 

Book Press Conference TC Odrimont July 12th 2017 FR - NL

Book Press Conference R. Primerose CB August 2nd 2017 FR - NL

 

Blog Michel Nestor - ITF Pro Circuit 15.000 $ TC Odrimont

 

Le triste épilogue d’une réussite 

   C’est en présence d’André Stein, le Président fédéral, et de Patrick Leclercq, le vice-président de l’AFT, que le premier 15 000 $ organisé par Odrimont a pris fin. Une belle assistance a suivi la finale qui, comme bien souvent au tennis, n’a pas été le meilleur match du tournoi. Ce duel fut même, hélas, réduit à peu de choses dans la mesure l’Argentin Ficovich, qui devait donner la réplique à Corentin Donelly, était visiblement à bout de forces. La veille, il avait puisé (à la différence de son adversaire) trop profondément dans ses réserves pour espérer étrenner le palmarès international du club.

   Samedi, en effet, Ficovich avait dû jouer un match épuisant de quart de finale, en matinée contre Heyman. Puis, le soir, rebelote : c’est par 7/5 dans la dernière manche qu’il avait fini par prendre le dessus sur Musialek. Pendant cette rencontre, on crut qu’il avait été pris de crampes ; mais, dimanche, il fallut se rendre à l’évidence qu’il s’agissait d’une petite blessure puisqu’elle se réveilla malheureusement après cinq jeux. L’Argentin eut à cœur de ne pas abandonner, par respect pour le public alors qu’il eût été légitime qu’il en reste là. Par la suite, très diminué, il ne sauva plus qu’un jeu et il but la coupe jusqu’à la lie puisqu’il n’en prit aucun dans le deuxième set.

   L’épilogue est triste, assurément ; mais il ne peut occulter la réussite de cette grande première voulue par Karine de Bodt, la présidente du BATD et son mari Eric. On ne saurait assez souligner l’importance de la politique qu’ils mènent (tout comme les autres organisateurs des compétitions inscrites au calendrier de la Fédération internationale) pour le plus grand bénéfice des joueurs belges qui, le plus souvent, doivent s’expatrier dans l’espoir d’intégrer le circuit professionnel. Leur politique exige des sacrifices financiers considérables et relève – n’ayons pas peur des mots ! – d’une forme authentique de mécénat. Qu’on se le dise !

Michel Nestor, 16 juillet 2017


Finale franco-argentine

   Samedi matin, sous un soleil voilé avant que le ciel ne se couvre, les deux derniers quarts de finale (ajournés la veille à la suite de fortes pluies) ont été joués devant une poignée de spectateurs qui ont eu droit à des spectacles de grand intensité. Si ces empoignades furent de qualité inégale, elles exigèrent pratiquement trois heures de combat avant que les vainqueurs – le Français Musialek et l’Argentin Ficovitch – s’imposent, ce qu’ils firent pourtant l’un et l’autre en deux sets.

   En lice, il ne restait qu’un Belge, Christophe Heyman. Il dut rendre les armes à Ficovitch qui eut la bonne fortune de forcer deux breaks en début de chaque set. Dans la première manche, il fut mené 4/0 et 5/1 avant de se mettre sérieusement à l’ouvrage. Il revint à 5/4, mais dans le dixième jeu, il aligna trois mauvais retours et se fit surprendre ensuite par un revers croisé. Qu’il ait pris un coup sur la tête avec la perte de ce premier set ne fait aucun doute. Dans le foulée, il perdit d’ailleurs son service, commettant au passage une double-faute. Ensuite, il durcit le jeu et rata moins qu’il ne l’avait fait jusqu’alors. Mais Ficovitch n’abandonna aucun pouce de terrain, il sauva six balles de break-back pour éviter une égalisation immédiate et finit par conserver son engagement. Mieux encore : il ravit le jeu le troisième jeu de la manche en détruisant cinq avantages au serveur pour bénéficier un fine d’une double-faute ! À 6/4 et 3/0, il n’y eut vraisemblablement plus personne pour croire encore aux chances d’Heyman ; mais celui-ci eut le bon goût de ne pas capituler. Il fit l’effort de rester dans le match et il en fut récompensé. Il rétablit l’équilibre au dixième jeu ; puis il fit pour la première fois la course en tête à 6/5. Deux choses expliquaient ce retournement de situation. En premier lieu, la peur de gagner troubla visiblement Ficovitch : pour en finir, il crut opportun de monter au filet, où il n’est pas d’une adresse consommée, alors que Heyman s’était résolu, un peu en désespoir de cause, à venir lui aussi à la volée, ce qu’il fit avec assez de bonheur pour regretter de ne l’avoir pas fait plus tôt. On en arriva ainsi au tie-break. Le Belge y mena 2/0, mais en perdant deux points sur service (victime notamment d’une let), il fut rejoint à 3/3. Il ne se remit pas de ce coup du sort et perdit les quatre points suivants, en se faisant notamment surprendre par la première amortie du match qui ne fût distillée à la volée.

   L’autre match, disputé sur le terrain voisin, fut assurément de meilleure qualité. Musialek et Tabatruong se livrèrent un duel au couteau, très exigeant sur le plan physique. La première manche, qui n’alla même pas au tie-break, se prolongea une heure trente durant. On y vit des échanges magnifiques. Les points gagnants s’accumulèrent, mais le plus souvent au terme de longs échanges bien construits. Aucun des deux joueurs ne négligea de prendre l’offensive à son compte dès qu’il en eut la possibilité et l’on assista ainsi à une jolie leçon de stratégie, toute la surface du terrain étant exploitée. On fut ainsi délivré de la monotonie des échanges soporifiques au centre du court qu’imposent aujourd’hui les grands frappeurs du circuit. Tabatruong mena 2/0 ; mais la deuxième tête de série refit son retard et mena bientôt 4/2. C’est alors que le match prit sa véritable dimension. Les avantages succédèrent aux avantages. Le neuvième jeu se prolongea d’autant plus qu’il fut émaillé de contestations en raison de décisions arbitrales qui mécontentèrent essentiellement Musialek, qui se doubla d’un fameux orateur. Il finit par émerger dans cette manche, comme dans la suivante où il obtint deux balles de match sur son service à 5/3 et 40/15. Il n’en profita guère et c’est à la relance qu’il en termina.

   Pour lui, ce fut une victoire à la Pyrrhus car, en fin d’après-midi, il s’inclina de justesse devant son compatriote Denolly, tandis que Ficovitch se qualifia pour la finale, lui aussi, par 7/5 dans la manche décisive. 

Michel Nestor, 15 juillet 2017


   Les quarts de finale du 15 000 $ d’Odrimont étaient inscrits au programme de la journée de vendredi. Ils débutèrent sur les chapeaux de roue : les deux premier simples furent liquidés en un peu plus d’une heure, mais ils donnèrent lieu à une fameuse surprise puisque Alexandre Muller, la première tête de série, fit naufrage peu avant qu’une grosse pluie n’inonde les courts pour longtemps. Indécis jusqu'à 2/2, le match ne le rest a pas plus longtemps, Gonzalo Lama (ATP 695 !) prentant alors le large. Et après avoir passé le cap du premier set, le Chilien s’empressa de rentrer au port, laissant loin derrière lui le jeune Français qui n’avait aucune raison particulière à présenter pour expliquer sa déroute. Il reconnut avec une grande simplicité qu’il avait dû jouer contre meilleur que lui - ce qui peut, il est vrai, arriver à n’importe qui.

   En revanche, Corentin Denolly, son partenaire du double, avec lequel il lui restait à gagner la finale du double en début de soirée, expédia son match comme s’il ne s’agissait que d’affaires très courantes. Il ne concéda qu’un jeu par set à son compatriote Manuel Guinard, mal remis selon toute apparence de la débauche d’efforts consentis la veille pour se défaire de Yannick Vandenbulcke. Après quoi, il fut grand temps de se refugier dans le club-house, le ciel ayant décidé d’ouvrir ses vannes.

   À 18 heures, Olivier Buchet, le juge-arbitre adjoint, décida de reporter au lendemain matin les deux derniers quarts, les terrains étant jugés trop mous pour que les risques de blessure ne soient considérables. Il est des responsabilités à ne pas prendre, surtout quand elles sont de nature à porter préjudice à autrui’

Michel Nestor, 14 juillet 2017


Plus qu’un Belge

   Comme à Wimbledon, les huitièmes de finale ont tous été joués le même jour à Odrimont. Cinq joueurs belges y ont participé avec des fortunes diverses. Dès la première fournée des matches, il en fut un pour disparaître de façon presque surréaliste. Michael Geerts paraissait, en effet, devoir se qualifier aux dépens de Maxime Tabatruong puisque, après avoir partagé les deux premières manches, il força un break pour mener 4/1 à la suite d’un point très difficile, conclu sur un échange de volées achevé à son avantage. Crut-il que l’essentiel était fait et que son adversaire ne se remettrait pas de sa déconvenue ? Si ce fut le cas, il eut tort car le Français remit l’ouvrage sur le métier et refit son retard sur-le-champ. Geerts parut de taille cependant à surmonter le désagrément : il s’offrit un jeu blanc qui ne devait rien à personne, sinon à lui-même. Il prit même à la relance les deux points suivants, en profitant notamment d’une double-faute. Mais, sur le point de conclure, il se désunit totalement, victime de son slice de revers trop flottant aussi bien dans les échanges que sur les passing-shots, chaque fois qu’il en était réduit à renoncer à sa frappe naturelle à deux mains. Bref, il perdit sur le fil un match à sa portée.

   Ce fut ensuite au tour de Loïc Cloes de prendre la porte de sortie. L’issue de son duel était prévisible. La tâche du Liégeois paraissait même insurmontable puisque, ne disposant pas encore d’un classement ATP, il devait se mesurer à un fort gaillard, l’Argentin Ficovich (ATP 485) capable de Distribuer le jeu à sa bonne convenance. Il se battit avec la meilleure conviction et ne désespéra pas de pouvoir prolonger les débats ; mais son adversaire ne dl’entendit pas de cette oreille et quand l’occasion de conclure sur son service lui fut donnée à 5/4, il prit blanc ce dernier jeu.

   Les chemins de la défaite ainsi défrichés, Yannick Vandenbulcke s’y fourvoya. Il fut égaré par Manuel Guignard qui lui rend pourtant quatre cents places au classement ATP, mais qui ne manquait pas d’arguments pour soutenir un débat à pareil niveau. Un service d’une rare violence, des coups du fond puissants et une amortie efficace, voilà une panoplie suffisante pour se débrouiller dans une campagne de « Futures » quand on ne peut prétendre à plus de régularité que celle dont il fit preuve. Au début du match, on put supposer que notre compatriote se tirerait d’affaire. Il obtint le premier break dès le troisième jeu. Il en força un second au neuvième, mais chaque fois il fut rejoint illico presto, ne profitant pas de la vulnérabilité du revers de défense avec lequel devait composer son adversaire. Ces égalisations ne le contrarièrent cependant pas outre mesure puisque, dans la foulée, il remporta le tie- break dont l’originalite tint au fait qu’il donna lieu à neuf fautes non provoquées sur onze points ! Guinard décida ensuite de changer son fusil d’épaule : il chercha son salut dans une offensive raisonnée qui produisit rapidement ses effets. Il égalisa bientôt aux manches et, convaincu qu’il avait pris les choses par le bon bout, il fit l’effort de ne rien changer à ses dispositions. Toutefois, Vandenbulcke s’était adapté à la situation et il resta à la hauteur de son adversaire jusqu’au dixième jeu de la manche décisive, non sans avoir frôlé la correctionnelle au huitième quand il lui fallut revenir de 0-40 sur son engagement. Malheureusement pour lui, à 5/4 et 15/40 (après avoir sauvé une balle de match d’une superbe volée à contrepied), il commit une fatale double-faute.

   Il y aura cependant un joueur belge en quart de finale pour l’excellente raison qu’ils étaient deux à se disputer la place : Heymans et de Lovinfosse. Ils eurent l’immense mérite de fournir le plus beau spectacle de la journée, en tout cas à la faveur du second set car le sociétaire du club (qui donne des cours en matinée à la différence des autres participants au tournoi) mit un peu de temps à trouver le bon rythme. Mais une fois qu’il eut perdu le set initial, Gaétan de Lovinfosse mit son opposant à la rue plus souvent qu’a son tour. On dira même qu’il fit le jeu en manœuvrant adroitement. Imaginatif, audacieux, recourant à des frappes coulées, il malmena Heyman à telle enseigne que celui-ci se trouva dans l’obligation de sauver deux balles de set à 15/40 au dixième jeu. Et sur celle qui lui valut de revenir à égalité, il eut la chance de voir sortir de peu un magnifique retour en revers. Comme bien souvent en de telles circonstances le naufragé reprend alors du poil de la bête. Heyman réussit le break. Il ne lui restait plus qu’à en finir sur son service ; mais quand il hérita d’une balle de match, il se paya le luxe d’une double-faute. Il se racheta cependant dans le tie-break qu’il acheva en trombe.

Michel Nestor, 14 juillet 2017


Un intrus à Odrimont

   D’aucuns n’auront pas manqué de remarquer qu’Alexandre Muller, la première tête de série du 15 000 $ qui se joue sur les courts d’Odrimont, cette semaine, a dû passer par les qualifications. Ce jeune homme les a survolées d’une autorité incontestable : en trois tours, il a concédé trois jeux à peine. En réalité, il n’y avait guère sa place ; et l’on peut même se demander quelles raisons l’ont déterminé à s’inscrire encore dans un « Future » alors que son rang (ATP 317) dans la hiérarchie mondiale devrait l’incliner à guerroyer plutôt dans les Challengers.

   En fait, au cours du printemps, il a suivi un programme assez lourd. Il a joué plusieurs tournois dans cette catégorie. (Il a même tâté des qualifications d’un tournoi ATP 250, à Lyon.) Il est retourné quinze jours plus tard dans la ville rhodanienne pour y contrarier Zeballos (ATP 47) dans un Challenger doté de 64 000 € de prix (6/2 2/6 6/0). Il a également bousculé Rugerio Dutra Silva (ATP 71) à celui d’Aix-en-Provence (7/6 6/4), avant d’accéder plus récemment aux quarts de finale de Blois, où il s’inclina de justesse (6/2 6/7 6/4) devant le Bosniaque Dzumhur (ATP 83). Ajoutons à cela qu’il bénéficia d’une « wild card » à Roland-Garros, où il perdit en cinq sets (7/6 2/6 4/6 7/6 6/0), d’entrée de jeu, contre le Brésilien Thiago Monteiro (ATP 95), et l’on aura compris que si son compte en banque s’en est trouvé renfloué, il n’a pas eu l’occasion de glaner beaucoup de points pour améliorer son classement.

   Il a, par conséquent, décidé de reculer pour mieux sauter. Il a mis le cap sur la Pologne pour y jouer un Future à Mragowo, une ville de Mazurie fondée par les chevaliers teutoniques. Il y a gagné le tournoi, mais comme le club qui l’organisait ne disposait pas de terrains de qualité, Alexandre Muller a préféré quitter ce lieu de résidence touristique où, comme à Antalya, Hammamet et Sharm el Sheikh, les tournois se jouent en cascade, de semaine en semaine. Et, pour ne pas rester inactif, il a sollicité une invitation à Odrimont, ce qui l’a contraint à passer par les qualifications pour le plus grand désarroi de ses adversaires…

   Né à Aix-en-Provence le 1er février 1997, cet espoir français travaille à la Ligue de Provence avec deux entraîneurs Sophie de Taxis et Romain Basire, qui l’accompagnent seulement sur les tournois en France. Ses premiers points ATP, il les a engrangés il y a trois ans, mais ce n’est pas pour autant qu’il réussit à gravir rapidement les échelons de la hiérarchie mondiale :

   - Après avoir franchi cette étape, j’ai stagné, confie-t-il. Au début de l’année dernière, je me situais aux alentours de la 800ème place du classement ATP. Aujourd’hui, j’en ai gagné cinq cents ; mais, après les tournois du printemps qui m’ont permis d’affronter des joueurs du top 100, il me fallait reprendre la main, gagner à nouveau des matches et… des points.

   Alexandre Muller n’entend pas en rester là. Hors compétition, il s’impose deux entraînements par jour ainsi qu’une séance quotidienne consacrée à sa préparation physique. Il n’a pas d’autre objectif immédiat, en termes de classement, que de gagner aussi vite que possible une centaine de place afin d’être admis dans les qualifications des tournois du grand chelem. Et il mesure parfaitement la difficulté de l’exercice :

   - Mes adversaires, qui me sont supérieurs, sont plus âgés pour la plupart. Mais ils ont derrière eux un bagage d’entraînement de plusieurs années qui me manque par la force des choses. Pour me mettre à leur hauteur, il me faut donc travailler…

   Travailler ses points faibles sur lesquels il ne désire pas s’exprimer plus avant, même s’il n’en fait pas mystère… Pour le moment, il se concentre sur le simple – même s’il joue en double, discipline qu’il considère comme un bonus. Reste à lui demander quel est le joueur qu’il admire. La réponse fuse :

   - Roger Federer.

Michel Nestor, 13 juillet 2017


Un seul simple

   Le programme de la journée a été contrarié, mercredi, pour s’en tenir seulement à l’aspect sportif du 15 000 $ d’Odrimont. En raison des intempéries de la nuit précédente et de la matinée, Luc Delory, le juge-arbitre, s’est vu contraint d’ajourner les débats, en dehors de celui qui devait opposer, pour le dernier match du premier tour, Alexei Popyrin et Corentin Denolly. Quand il fut devenu évident que le match ne pourrait se jouer à l’extérieur, ces messieurs furent invités à en découdre indoor.

   Selon toute apparence, le changement de surface devait profiter au premier nommé, un jeune Australien qui vient de gagner Roland-Garros dans le tableau réservé aux juniors et qui est deuxième dans leur hiérarchie. Doté d’un service qui tombe de haut et capable de mettre en œuvre une artillerie lourde, il n’impressionna guère pour autant son adversaire qui, après quelques échanges d’adaptation et le réglage de son retour, réalisa d’ailleurs d’emblée un break. Par la suite, Corentin Denolly ne fit guère de sentiments. Après tout, quatrième tête de série et classé 450ème, il n’avait aucune raison particulière de s’inquiéter, d’autant moins qu’il fit valoir une grande variété de coups, d’improvisations et de montées à la volée, ce dont son adversaire se montra incapable. Si ce dernier est monté deux fois à la volée en y suivant son service, ce serait beaucoup…

   Popyrin, long comme un jour sans pain et d’une maigreur famélique, se montra pour le moins flegmatique. Il se traîna véritablement sur le terrain, donnant l’impression de se désintéresser de son sort. Certes, c’était son droit ; mais il le paya sans tarder. Sa nonchalance lui coûta bientôt la première manche et l’on ne put s’empêcher de déplorer une attitude aussi peu combative. Son attitude corporelle ne pouvait que surprendre quand on sait, par exemple, à quel point Nadal se bat, qu’il soit maître du terrain ou en difficulté. Comme quoi les bons exemples ne sont pas toujours suivis.

   Au début du deuxième set, Popyrin tenta de se reprendre. Malgré un coup droit erratique et un revers approximatif, il s’accrocha, livra même un jeu marathonien ; mais à 2/2, il céda d’une pièce. Il ne prit plus qu’un jeu et perdit à deux reprises son engagement (dans les cinquième et neuvième jeux), laissant au gaucher qui lui faisait face le bénéfice d’une victoire somme toute rapide et largement méritée.

Michel Nestor, 12 juillet 2017


Des invitations honorées

   On peut dire que les invitations pour le 15 000 dollars ont été réparties avec discernement, même si les résultats n’ont pas correspondu nécessairement aux espérances. Si l’on excepte la défaite de Poncelet, habitué à naviguer entre les qualIfications et les premiers tours, des œuvres du Danois Sigsaard, sorti du purgatoire auquel soient condamnés tous ceux qui n’ont pas un classement suffisant pour accéder au tableau principal, les choix auront été fort heureux. Même celui de Simon Beaupain qui aurait pu sans conteste tirer meilleur parti de sa « wild card » si un tirage au sort contrariant ne l’avait opposé à la première tête de série, Alexandre Muller, que son classement ATP (317) semble mettre à l’abri de toute déconvenue, cette semaine. Il a fallu néanmoins que le joueur français prenne au sérieux le jeune Liégeois que rien ne paraissait impressionner au départ de cette confrontation à priori inégale.

   Le résultat qui a sanctionné cette explication ne reflète en rien l’exemplarité de la résistance offerte par Beaupain. Ses frappes tendues, parfois très violentes en coup droit, déstabilisèrent plus d’une fois son adversaire, contraint plus souvent qu’il ne l’aurait désiré de passer par des avantages avant de s’assurer le gain dès jeu dont il avait besoin pour s’assurer de la victoire. À la faveur d’un service, qui ne devait rien à personne (malgré la petite taille, toutes proportions gardées, de son propriétaire), Simon put retarder les échéances, sauf au marquoir. Il perdit les quatre premiers jeux avant de pouvoir en prendre un à la relance. Puis, dans le deuxième  set, il remporta son engagement pour mener 1/0 et revenir à 3/2.

   Une autre satisfaction (mais totale,celle-ci) vint de Loïc Cloes, un pensionnaire de Fayembois. Il livra une courageuse bataille dont le qualifié Constant de la Bassetiere fit les frais. Dès les premiers échanges, il s’employa obstinément à faire valoir une agressivité du meilleur aloi. Il orienta les echanges, d’autant plus facilement que son adversaire, que l’on avait vu plus entreprenant en qualifications, crut judicieux d’assurer sa défense en axant de manière trop systématique ses ripostes sur le revers adverse. Les quatre premiers jeux furent partagés en donnant lieu à autant de breaks ; mais les quatre suivants tombèrent dans l’escarcelle du Belge qui mit ainsi le pied à l’étrier et put ainsi jouer sereinement le tie-break de la seconde manche.

   Et que dire alors du plaisir que valut aux membres d’Odrimont la prestation du prof local, Gaétan de Lovinfosse ? À vrai dire, on ne l’attendait pas sur la ligne d’arrivée du premier tour. Depuis longtemps il avait abandonné la compétition au niveau international, pour diverses raisons. Manquant de compétition extra muros, on pouvait craindre qu’il ne se tire pointd’affaire contre Louis Chaix (ATP 921), mais il mena sa barque avec une maîtrise digne d’éloges. Enthousiaste au premier set, il connut un fléchissement au milieu du suivant (il appela d’ailleurs la kinésithérapeute pour apporter quelques soins à son avant-bras) avant d’en finir avec une énergie juvénile qui put s’appuyer sur des offensives qu’il déclencha du fond du court ou termina à la volée.

   Enfin, on ne saurait passer sous silence la victoire de Vandenbulcke, l’home en forme de ces dernières semaines, non plus que celle de Geerts qui fit prévaloir l’astuce, la rapidité et la spontanéité sur la force d’un Goliath suisse répondant au bypatronyme bien porté de Bellier.

Michel Nestor, 11 juillet 2017


Un départ paisible

   Les affaires sérieuses ont débuté au tournoi d’Odrimont ; mais il convient de préciser que le juge-arbitre, Luc Delory, a décidé de ne point se précipiter, lundi, à l’occasion de la première journée consacrée au tableau principal. Ayant achevé les qualifications au pas de charge, la veille, il a pu se hâter lentement et se contenter de faire jouer seulement deux rencontres de simple. Il a par ailleurs meublé le programme en faisant jouer le premier tour du double-messieurs pour lequel il a dû refuser du monde.

   Le match le plus intéressant de cette session a opposé Christopher Heyman au Français (comme son nom ne l’indique pas) Evan Furness (ATP 704). On put croire qu’il s’agirait, en l’occurrence, d’une simple formalité pour notre compatriote. Troisième tête de série (ATP 447), il prit un départ en trombe qui lui offrit le gain rapide de la première manche, ce qui se traduisit au marquoir par un 6/0 cinglant. Rien de fâcheux ne semblait devoir lui arriver. Très à l’aise, sûr de lui grâce à la puissance de son service et de son coup droit, il manœuvrait comme il l’entendait ; mais cela ne se prolongea guère. Son adversaire ne se laissa pas engloutir par l’avalanche de points perdus. Il commença à s’ouvrir le terrain en pilonnant le revers à une main du gaucher qui lui faisait face ; et, dès cet instant, les choses ne furent plus aussi faciles pour ce dernier. Certes, notre compatriote ne fut jamais mis en difficulté sur son engagement, à la différence de Furness qui dut sauver une balle de break dans le quatrième jeu et deux autres dans le huitième ; mais il multiplia bientôt les fautes (en particulier son le revers), et après avoir manqué une première balle de match dans le dixième jeu, il dut passer par un tie-break.

   Ce tie-break connut un déroulement curieux. Heyman, qui fut le premier au service, mena 2/0 ; mais il perdit ses deux engagements suivants et fut retardé à 2/3. Il hérita du sixième point, mais pas de la manière la plus correcte qui soit, car ayant relancé dans le filet la première balle de son adversaire, il jugea bon (à juste titre) d’en nettoyer le terrain ; mais il le fit avec la même nonchalance excessive qu’il affichait entre chaque quinze. Il eût été opportun qu’il s’exécute plus rapidement : Furness, quelque peu énervé, commit d’ailleurs une double faute ! Et, peu, le même scénario s’étant répété, il demanda logiquement à l’arbitre d’intervenir, ce que celui-ci fit mollement. Un lob trop long ne permit pas au Français de concrétiser la balle de set qu’il força à 6/5. Ce fut son chant du cygne, poussé alors que tombaient les premières gouttes de pluie.

   L’averse qui tomba ensuite entraîna l’arrêt d’une explication entre deux géants (par la taille seulement), à savoir le Suisse Huesler et l’Argentin Ficovich. Ce dernier (ATP 485) finit par s’imposer en trois manches, bien qu’il ait été mené 3/1 dans la dernière après l’interruption provoquée par les intempéres.

Michel Nestor, 10 juillet 2017


Hécatombe belge à Odrimont

   Luc Delory, le  juge-arbitre du 15 000 dollars d’Odrimont, n’est pas homme à traîner en route. Craignant l’arrivée des intempéries, il a fait jouer les deux derniers tours de qualifications pendant la journée dominicale. Ducoup, ce lundi sera consacré essentiellement aux doubles que les messieurs jouent volontiers, ne fût-ce que pour arrondir le modeste pécule qu’ils gagnent à la force du poignet.

À l’heure du premier bilan que l’on peut tirer au soir du week-end, il faut hélas constater que le bilan pour les joueurs belges n’est pas vraiment présentable. Des vingt-deux candidats qui avaient pris le départ dans l’espoir d’obtenir une place dans le tableau final, il n’y a avait plus que trois pour y prétendre in fine. Buvaysar Gadamauri fut premier à rendre les armes au Français de la Bassetiere qui ne connut d’autre incommodité (tout comme au tour précédent contre l’Americain Dane Esses) qu'une celle d’une résistance digne de ce nom dans la manche initiale. À l’heure où l’on écrivait ces lignes, son frère, Turpal, en décousait toujours avec le Pakistanais Akbarauquel il donnait plus que du fil à retordre.

Quant à Maxime Pauwels, il obtint son sésame non sans peines aux dépens du Chilien Javier Nacer, gaspillant même plusieurs balles de set dans la manche initiale, avant de la faire tomber dans son escarcelle été de prendre ainsi une option sur la victoire finale. Il faut dire que notre compatriote est devenu un vieux routier des qualifications et qu’il parvient à s’en extraire assez souvent, sans jamais aller beaucoup plus loin malheureusement pour lui.

   Au tour précédent, le même Nacer s’était défait du dernier sociétaire du Batd encore en lice, le jeune Félix Roméo. Ce dernier avait fait illusion en début de rencontre. Ayant choisi de recevoir, il fit d’emblée le break, démontrant de belles aptitudes dans le jeu de défense. Mais, il apparut rapidement que sa mise en jeu ne suffirait pas à contenir les assauts dont il faisait l’objet. Certes, il disposa de la possibilité de mener 2/0, puis d’égaliser à 2/2 ; mais les affaires se précipitèrent sans tarder : il concéda bientôt le premier set sur la marque sans appel de 6/1, annonçant une défaite inéluctable. Mais Félix n’en réalisa pas moins quelques passes d’armes remarquables, notamment quand il construisit quelques jolis points achevés par de jolies volées.

   Enfin, on ne saurait passer sous silence le fait qu’Alexandre Muller, la première tête de série des qualifications, n’a guère perdu de temps en chemin. En trois tours, il n’a perdu que à trois jeux ! C’est en définitive Martin Van der Meerschenl qui aura réussi le meilleur résultat en prenant…deux jeux. Mais on doit à la vérité d’ajouter que si le Danois Andreas Boers fut le plus sévèrement puni par un double 6/0, il se montra valeureux et lutta vainement jusqu’audernier point. Son parcours démontre en tout cas sans aucune équivoque qu’à son niveau  (ATP 317), il n’y a personne pour lui poser des problèmes dans un tableau qualificatif de 15 000 dollars.

Michel Nestor, 9 juillet 2017


Le 15 000 dollars d’Odrimont

   Les qualifications de la première édition du « Future » d’Odrimont ont débuté samedi matin aux aurores. Le juge-arbitre, Luc Delory, a fort heureusement pu compter et sur un directeur de tournoi (Alfonso Gonzalez) expert en arrosage de terrains et sur des conditions météorologiques très satisfaisantes car il avait à liquider le premier tour d’un tableau de soixante-quatre inscrits. Vingt-deux joueurs belges (dont quatre du Batd) y ont trouvé place. L’experience leur sera sans aucun doute profitable, même si nombre d’entre eux ne pourront poursuivre l’aventure dimanche.

   Si quelqu’un semble prédestiné à prolonger de son séjour à Waterloo, c'est de toute évidence le Français Alexandre Muller (ATP 307). Faute de s’etre inscrit dans les délais, il a sollicité et obtenu une wild card qui lui vaut une place de première tête de série et, d’ores et déjà, un statut de favori dans le tableau principal qu’il devrait rallier sans peine. En tout cas, pour son entrée en matière, il a rossé d’importance Martin Van der Meerschen, un enfant du club qui avait hérité d’une invitation dont il se serait sans doute passé s’il avait su le triste sort qu’ elle lui réserverait.

   Stefan Trifonov, d’origine bulgare (installé en Belgique et chargé de préparer les jeunes du club à la compétition), a pour sa part dû s’accommoder d’une longue explication avec Maxime Lapraille qui, au départ, ne paraissait pas de taille à rivaliser sur le plan physique. Dominé en puissance, pris de vitesse au depart, ce dernier fit cependant le nécessaire pour supporter le bombardement auquel il était soumis. Bien lui en prit car son adversaire ne parvint pas à maintenir son rythme. Pire : spéculant sur la violence de ses coups, il commit bientôt des erreurs faute de discernement. À sa décharge, on précisera qu’il manque de compétition. Il fut donc le premier à perdre son engagement dans le quatrième jeu de la manche initiale et il ne put refaire ce retard, pas mieux que son rival n’y parvint dans la manche suivante après que deux doubles fautes lui eurent coûté un break à 2/0. Il fallut donc régler l’affaire dans une manche décisive qui valut surtout par les cassures de service ( cinq sur dix engagements) et par des erreurs peu justifiables dont Lapraille finit par tirer parti.

   On eut droit aussi à un match comme le sport en réserve souvent quand le meilleur sur le terrain finit par s’avouer vaincu. Jeremy de Bodt fit la triste expérience de cette genre de mésaventure. Il avait pris pourtant un départ de choix aux dépens de Simon Musset que son service inconsistant mettait sous pression immédiate : le joueur français faillit d’ailleurs consentir d’entrée un double break. C'est miraculeusement qu’il l’évita et sauva sa peau en ces moments délicats que l’on ne pouvait, dès cette entame de match, imaginer cruciaux. Toujours est-il que Jeremy commença malheureusement à balbutier son tennis. Il fit beaucoup de mauvais choix et, surtout, commit un nombre excessif de doubles fautes qui ébranlèrent sa confiance et finirent par l’obliger à courir derrière le score, alors que jusqu'à 4/3 en sa faveur tout paraissait devoir lui sourire.

   Le tie break de la première manche tourna bientôt à sa confusion. À 3/3, il joua de malchance puisqu’il fut victime d’une let au filet alors qu’il y était monté opportunément. Mais on ajoutera que deux doubles fautes précipitèrent sa perte. Dans le deuxième set, il parut même s’effondrer. Relégué à 5/2, après avoir perdu trois fois de suite son service, il eut cependant l’immense mérite de s'en pas capituler’ au terme du plus bel échange de la partie,il aurait d’ailleurs dû revenir à 5/5, mais il manqua l’immanquable.

   Le dernier sociétaire d’Odrimont entré en lice, Félix Roméo, n’eut qu’à paraître sur le terrain pour assurer sa participation au deuxième tour  des qualifications. Il n’a queb seize ans et son parcours mérite déjà assurément un coup de chapeau.

Michel Nestor, 8 juillet 2017

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